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La santé dans l’espace : série de vidéos

Image des panneaux de texte et de vidéo de l’exposition La santé dans l’espace : l’audace d’explorer.

L’espace est un endroit dangereux pour ceux qui l’explorent. Gravité, rayonnement et isolement posent des risques particuliers pour leur santé. Voilà pourquoi la santé des astronautes est une priorité absolue dès leur sélection et longtemps après leur dernière mission. Des médecins, scientifiques, techniciens, et ingénieurs, même les astronautes eux-mêmes, travaillent ensemble pour appuyer la santé des personnes qui travaillent dans l’espace. Cette collaboration est essentielle à la réussite des missions actuelles et des futures expéditions dans l’espace lointain. Ce qu’ils apprennent peut aussi aider à résoudre des défis médicaux sur Terre.

Dans les vidéos suivantes, les astronautes retraités Dave Williams et Robert Thirsk et l’astronaute David Saint-Jacques discutent des défis uniques que posent à la santé la vie et le travail dans l’espace. Ces hommes jettent un éclairage unique sur la santé dans l’espace puisqu’en plus d’avoir vécu en orbite autour de la Terre, ils sont aussi médecins.

Ces vidéos ont été créées en collaboration avec l’Agence spatiale canadienne.  Vous pouvez les explorer, et bien d’autres encore, en visitant l’exposition La santé dans l’espace – soit sur place au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, soit sur la route dans une ville près de chez vous.

La santé dans l’espace : une perspective canadienne

Dans cette vidéo d’introduction, Dave Williams et Robert Thirsk parlent du rôle de premier plan que joue le Canada dans l’exploration de la santé dans l’espace.

LÉGENDE

DW: Dave Williams
RT: Robert Thirsk

DW:
Depuis longtemps, le Canada se spécialise dans un domaine que l’on appelle la médecine spatiale. Ce domaine permet de faire des découvertes sur la façon dont les humains s’adaptent et travaillent dans l’environnement unique de l’espace. Ce que nous avons appris nous aidera à nous préparer à envoyer des humains au-delà de l’orbite de la Terre, à aller plus loin et à demeurer plus longtemps dans l’espace. 

RT:
Le Canada joue un rôle majeur dans l’établissement et l’avancement de la médecine spatiale. L’Agence spatiale canadienne a quatre astronautes actifs. Le Canada a comme première responsabilité de les maintenir en santé et de veiller à leur bien-être pour qu’ils puissent être productifs et aptes à remplir leurs tâches dans l’espace. Ensuite, l’Agence spatiale canadienne et des scientifiques canadiens contribuent à faire tomber les obstacles à l’exploration spatiale. Au Canada, nous avons divers domaines d’expertise : le rayonnement, la dosimétrie, les aspects psychosociaux de la vie dans un milieu isolé et confiné, et la physiologie cardiovasculaire et vestibulaire. Nous contribuons donc à notre programme national et aux efforts internationaux pour explorer le Système solaire interne. 

Les problèmes de vision

La variation de la gravité agit de nombreuses façons sur le corps humain. Robert Thirsk parle des effets de la gravité sur la santé humaine et raconte les problèmes visuels qu’il a éprouvés lors de ses séjours dans l’espace.

On peut dire sans se tromper que tous les organes du corps humain sont touchés d’une façon ou d’une autre par l’environnement spatial, en particulier par l’apesanteur. J’ai aussi subi plusieurs des problèmes de santé courants dont ont souffert les astronautes qui m’ont précédé, par exemple, le mal de l’espace et la fatigue causée par le déconditionnement cardiovasculaire. Mais j’ai aussi eu des problèmes de vision, ce qui était un syndrome inhabituel. Environ un mois après mon arrivée en orbite, j’avais du mal à lire nos livres et nos manuels. Ma vision de loin était parfaite, mais pas ma vision de près. Donc, pendant quelques mois, pour découvrir ce qui se passait, nous avons examiné mes globes oculaires et mon acuité visuelle – en scrutant l’arrière de mes globes oculaires et le nerf optique, qui relie les yeux au cerveau. Nous avons décelé des signes d’hypertension intracrânienne. Autrement dit, la pression autour de mon cerveau comprimait un de mes globes oculaires. C’était vraiment inhabituel. J’ai été un des premiers astronautes à souffrir de ce syndrome visuel, mais depuis ma mission, plusieurs autres ont eu un problème semblable.

La santé et le rayonnement

Hors de l’atmosphère protectrice de la Terre, les astronautes sont exposés à des niveaux élevés de rayonnement. Robert Thirsk parle de technologies employées pour atténuer ces risques.

À bord de la Station spatiale, les astronautes sont exposés à des niveaux plus élevés de rayonnement ionisant que nous le sommes sur Terre. Il faut donc prendre des précautions spéciales. Tout d’abord, nous portons tous sur nous jour et nuit des dosimètres personnels, c’est-à-dire des moniteurs de rayonnement, pour vérifier la quantité de rayonnement à laquelle nous sommes exposés. Nous plaçons également des dosimètres semblables un peu partout dans la Station spatiale pour voir quelles parties de la Station sont susceptibles de recevoir des flux de rayonnement plus élevés et lesquelles le sont moins.

Ensuite, nous tentons le plus possible de nous protéger du rayonnement. Par exemple, j’ai dormi à deux endroits différents pendant mes six mois à bord de la Station spatiale. Au premier emplacement, j’ai entouré mon sac de couchage de sacs remplis d’eau. Nous savons que l’eau est un bouclier relativement efficace contre le rayonnement. Je dormais donc dans un genre de cocon de sacs d’eau. Plus tard, j’ai dormi dans un compartiment de la taille d’une cabine téléphonique. Toutes les parois étaient couvertes de panneaux de polyéthylène. Il y a beaucoup d’atomes d’hydrogène dans la structure de la molécule de polyéthylène, ce qui protège également très bien contre le rayonnement.

Finalement, si une éruption solaire majeure se produit – il n’y en a pas eu pendant mes six mois à bord de la Station spatiale –, l’équipage doit se rendre à l’extrémité arrière de la Station spatiale – la partie russe – où il y a beaucoup d’équipement. Nous y sommes un peu plus protégés contre le rayonnement, mais ce n’est pas parfait. C’est ce que nous appellerions un « abri anti-tempêtes » en cas de tempête solaire.

La préparation mentale et l’entraînement

Travailler en milieu isolé – en orbite à 400 km d’altitude au-dessus de la Terre – comporte des formes de stress uniques. Robert Thirsk et David Saint-Jacques parlent de l’entraînement poussé qui prépare mentalement les astronautes à surmonter ces difficultés.

LÉGENDE

DSJ: David Saint-Jacques
RT: Robert Thirsk

DSJ:
Tout le monde sait que c’est facile d’être une personne agréable quand tout va bien.  Ce qui est important, c’est… qui êtes-vous quand ça va mal, quand il y a des problèmes? Et c’est surtout vrai à bord. On s’imagine pris dans une situation d’urgence. On veut être avec des gens qui vont réagir correctement, qui vont garder leur sang-froid, qui vont garder la priorité sur le travail d’équipe, sur le succès de la mission et la survie de tout le monde.

RT:
La première chose à faire pour favoriser ce genre d’environnement, c’est de bien sélectionner les astronautes. Nous voulons des astronautes qui ont beaucoup d’expérience du travail en équipe. Nous voulons des astronautes qui ont certaines compétences non techniques, comme l’autonomie – que ce soit pour les activités ou les soins personnels –, la vie de groupe, le travail d’équipe, la collaboration, la sensibilité aux différences culturelles. J’ai été choyé pendant mes six mois dans l’espace, notre séjour a été très agréable. Sur certaines photos ou vidéos de mon équipage en orbite, nous avons tous de grands sourires niais parce qu’on s’entendait bien. Si jamais il y avait un conflit, nous savions comment le régler.

DSJ:
Durant l’entraînement, on continue à maintenir ces compétences-là. On pratique si on veut notre esprit d’expédition. On se met dans des situations difficiles : on peut passer deux semaines dans un sous-marin, deux semaines en survie dans le désert, des semaines dans l’Arctique dans une expédition de géologie. Tout ça non pas pour les capacités techniques qu’on y apprend, mais pour l’aspect psychologie, vie de groupe, résolution de problèmes, résolution de conflit, parce qu’ultimement, c’est peut-être ça le plus important pour assurer éventuellement le succès d’une mission.

L’espace : la fascination d’un enfant

David Saint-Jacques raconte sa curiosité d’enfant et son éternelle soif d’apprendre, qui l’ont mené à une fascinante carrière d’astronaute.

Ma fascination pour l’espace remonte à la tendre enfance lorsque j’ai vu pour la première fois ces images de la Terre vue de l’espace. J’étais impressionné par, évidemment, la beauté de notre planète, son évidente fragilité, mais aussi par la perspective incroyable du fait que quelqu’un a pris une photo. Cette personne-là n’était pas sur Terre. Et c’est devenu un peu une obsession pour moi. Et petit enfant, le thème de mes jeux, c’était toujours l’espace, l’exploration, l’aventure, puis plus vieux quand est venu le temps de décider que faire de mes études, je ne pensais pas que devenir astronaute était une option réelle. Personne n’a cet espoir-là, mais pour moi, être astronaute, c’est un peu comme un modèle. Je me demandais : « Qu’est-ce qu’un astronaute ferait? »

La santé et les futures missions d’exploration

Robert Thirsk et Dave Williams réfléchissent sur l’avenir des voyages spatiaux par les humains, soit de longues missions, et discutent des avancées nécessaires en matière de santé pour propulser l’humanité plus loin que jamais auparavant.

LÉGENDE

RT: Robert Thirsk
DW: Dave Williams

DW:
Je suis très enthousiaste en ce qui concerne l’avenir des vols spatiaux habités. Depuis 17 ans, depuis l’an 2000, des humains vivent et travaillent en permanence dans la Station spatiale internationale. C’est un véritable exploit : travailler à bord de la construction la plus complexe sur le plan technique de toute l’histoire de l’humanité. Le temps est venu d’aller au-delà de l’orbite terrestre, d’aller plus loin et de rester plus longtemps dans l’espace. Où irons-nous? Peut-être encore sur la Lune. Ou encore sur Mars. Les astronautes devront faire face à toute une série de difficultés d’adaptation. Leur corps devra non seulement s’adapter à l’environnement de microgravité pendant qu’ils se rendent à destination, mais aussi à la gravité lunaire, environ cinq fois inférieure à celle de la Terre, ou à la gravité martienne, environ 40 % de la gravité terrestre. Il faudra étudier tout ça pour que les humains puissent devenir ce que je pourrais appeler une « espèce interplanétaire ». 

RT:
Ce qui me fascine, c’est que l’humanité quittera bientôt l’orbite basse terrestre pour se rendre plus loin dans le Système solaire, dans l’espace lointain. Ces voyages auront des conséquences sur les soins de santé offerts aux astronautes. Selon moi, par exemple, dans le cas des missions dans l’espace lointain, la surveillance du rayonnement sera primordiale. On peut s’attendre aussi à ce que la vie dans un milieu isolé et confiné, très, très loin de la Terre, de la famille et de la nature ait des effets sur l’équilibre psychosocial.  Je crois aussi qu’il faudra changer la façon d’administrer les soins de santé aux astronautes dans l’espace lointain. À bord de la navette spatiale ou de la Station spatiale internationale, on peut se fier au fait que la Terre nous réapprovisionne en fournitures médicales. On peut communiquer avec notre médecin de vol et le reste de l’équipe médicale pour nous aider à régler des problèmes médicaux dans l’équipe. Pendant une mission dans l’espace lointain, ce sera impossible. S’il y a une urgence médicale près de Mars, ça pourrait prendre 20 minutes avant que le médecin de vol sur Terre entende mon appel radio. Il nous faut donc, à bord d’un vaisseau spatial, être autonomes sur le plan médical. Peut-être des robots ou encore l’intelligence artificielle aideront les astronautes à poser des diagnostics et à traiter les maladies à bord, particulièrement en situation d’urgence.

Pour découvrir d’autres occasions d’apprentissage sur la santé dans l’espace, jetez un coup d’œil à cette trousse d'apprentissage téléchargeable.

Program Details

AVIATION
Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Emplacement du programme
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