Le Panthéon

M. Vera Peters 1911-1993

Je suis née en 1911 sur une ferme laitière des environs de Toronto. Mon père est décédé alors que j’étais encore jeune, ce qui m’a profondément marquée. Je savais que je n’y pouvais rien, mais je comprenais déjà que l’éducation me permettrait un jour d’aider d’autres personnes. J’ai donc pris mes études très au sérieux et j’ai excellé.

Alors que j’étudiais à l’université, ma mère a été atteinte d’un cancer du sein. Le seul traitement proposé était la mastectomie. Lorsque son cancer est réapparu, le Dr Gordon Richards a eu recours à la radiothérapie. C’est un médecin qui se souciait du bien être de ses patients, et non pas seulement de leur maladie. Son attitude m’a inspirée.

Au cours de la formation en apprentissage que j’ai reçue à l’Hôpital général de Toronto, j’ai étudié la maladie de Hodgkin, forme de cancer alors incurable. Mes recherches ont montré que cette affection progressait d’une manière prévisible et qu’elle pouvait être traitée avec succès grâce à des radiations minutieusement ciblées. L’idée qu’on pouvait guérir de la maladie de Hodgkin était révolutionnaire. En 1950, un grand nombre de membres du milieu médical ont réagi à la publication de mes résultats en les traitant de scandaleux. Ils sont allés jusqu’à dire qu’il était cruel de donner de faux espoirs à des personnes qui allaient mourir de cette maladie.

En 1958, j’ai décidé d’axer mes efforts sur le cancer du sein. Au fil des ans, j’ai traité au moyen de la radiothérapie de nombreuses femmes pour lesquelles il était impossible de réaliser une mastectomie. J’ai découvert que ces patientes vivaient tout aussi longtemps que celles qui avaient subi une mastectomie totale. Après avoir passé neuf ans à analyser 7 000 dossiers médicaux pendant mes temps libres, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de différence entre le taux de survie après cinq ans des femmes ayant subi une lumpectomie suivie de radiothérapie par rapport à celles qui avaient subi une mastectomie.

Encore une fois, de nombreux membres du milieu médical ont refusé de croire en mes résultats. La mastectomie totale était largement vue comme la meilleure façon de traiter le cancer du sein. Or, les résultats de mes recherches allaient à l’encontre de cette norme. Il a fallu des années pour qu’ils soient acceptés. Cependant, lorsqu’ils l’ont été, les formes moins invasives de traitement du cancer du sein sont devenues pratique courante.

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