Le Panthéon

Margaret Newton 1887-1971

On s'imagine mal des fermiers faisant la grève, mais c'est exactement ce qu'ils menaçaient de faire après l'épidémie de rouille du blé de 1916. À moins qu'Ottawa ne fournisse des fonds de recherche et que les scientifiques ne trouvent une méthode pour se débarrasser du champignon responsable de la rouille, les fermiers ont dit qu'ils cesseraient de cultiver le blé. La rouille a fait perdre de 5 à 10 millions de dollars par année aux fermiers canadiens, les pertes s'élevant jusqu'à 200 millions de dollars pendant une mauvaise année, comme 1916. Malgré son importance économique, les chercheurs en sciences végétales ignoraient tout de l'organisme responsable de la rouille du blé.

Je n'avais pas l'intention de devenir une phytopathologiste célèbre – une spécialiste des maladies des plantes. Si vous voulez en savoir davantage sur ma jeunesse et mes études, je serai heureuse d'en discuter, mais la rouille du blé constitue mon véritable intérêt.

Au cours de mes études de premier cycle à McGill, j'ai fait une importante découverte qui, pour la première fois, a apporté certains éclaircissements sur cette maladie mystérieuse. Cette découverte a lancé ma carrière, et j'ai continué de me consacrer à élucider la nature complexe du cycle vital de la rouille du blé. J'ai fini par devenir une autorité internationale en matière de rouille, et on m'a invitée à prononcer des conférences devant les scientifiques du monde entier.

Grâce aux recherches effectuées par moi-même et mes collègues, la rouille du blé n'est plus un problème important. Malheureusement, toutes ces années de dur labeur et d'exposition aux spores de la rouille ont affecté mes poumons de façon permanente. Les chercheurs comprennent maintenant les dangers de l'exposition aux spores de la rouille, et ils portent des masques filtrants pour se protéger, mais lorsque j'ai entrepris mes travaux, nous n'en savions rien. Est-ce que je recommencerais? Oui, sans la moindre hesitation.

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