Contre le coronavirus, on se lave les mains ou on les désinfecte?

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A composite image made up of three pictures

Faites connaissance avec Renée-Claude Goulet, Jesse Rogerson et Michelle Campbell Mekarski.

Conseillers scientifiques d’Ingenium, ils fournissent des conseils d’experts scientifiques sur des sujets importants en lien avec nos trois musées — le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Dans cette série colorée de billets de blogue mensuels, les conseillers scientifiques d’Ingenium présentent jusqu’à trois pépites insolites touchant leur champ d’expertise. Dans l’édition de mars, nos conseillers scientifiques comparent l’efficacité du lavage et de la désinfection des mains face au coronavirus, abordent l’importance des protéines et la façon dont les satellites nous aident à mieux comprendre la Terre.

Gros plan sur une personne qui se lave les mains avec beaucoup de savon.

Le lavage adéquat des mains est la meilleure manière de prévenir la propagation de la maladie. 

Lavage des mains 101 : le lavage ou la désinfection des mains

Chaque année pendant la saison de la grippe, et maintenant avec l’épidémie du nouveau coronavirus (COVID-19), les mêmes conseils nous sont répétés : prévenez la maladie en évitant les personnes malades, en couvrant les éternuements et la toux, en vous lavant les mains et en ne touchant pas le visage de quiconque. Chaque respiration, éternuement et toux émet des milliers de particules de germes à l’endroit où se trouve la personne. La peau forme une excellente barrière et empêche ces microbes de la pénétrer. Les germes doivent alors la contourner et se rendre aux yeux, à la bouche ou au nez, généralement par les mains.

Alors, n’y manquez pas : lavez-vous les mains. Souvent! Lavez-les pendant au moins 20 secondes (chantez « joyeux anniversaire » deux fois pour vous donner une idée du temps). Utilisez du savon et de l’eau, puis séchez-les avec une serviette propre. Nettoyez l’espace entre les doigts, autour des poignets et sous les ongles. Lavez-vous les mains avant de manger, ou après vous être mouché, avoir toussé ou avoir éternué. Lavez-vous les mains lorsque vous rentrez à la maison. S’il vous est impossible de vous laver les mains, à la limite utilisez un désinfectant pour les mains contenant au moins 60 % d’alcool. Cependant, le lavage des mains est plus efficace.

Pourquoi? Les désinfectants pour les mains tuent la plupart des microbes en affaiblissant leurs couches extérieures. Ils n’arrivent toutefois pas à tout tuer, surtout sur les mains sales. Les saletés et la crasse offrent aux germes des endroits pour se « cacher » qui les mettent à l’abri des désinfectants. Si les germes sont incrustés dans la graisse, la sueur ou le mucus (provenant par exemple des éternuements d’une personne), alors les désinfectants arrivent difficilement à pénétrer la couche visqueuse. Même lorsqu’ils sont entièrement exposés, de nombreux germes (p. ex., norovirus et C. difficile) peuvent survivre à plusieurs minutes de désinfection (la plupart d’entre nous désinfectent leurs mains pendant dix secondes).

Les désinfectants posent un autre problème : ils n’arrivent pas à ÉLIMINER quoi que ce soit de vos mains. Si vous touchez une poignée de porte éclaboussée par du mucus et désinfectez ensuite votre main, le mucus se trouve toujours sur votre main (même si elle compte moins de germes vivants). Le lavage des mains fonctionne en retirant physiquement les saletés, les produis chimiques, la graisse et le mucus, ainsi que tout microbe indésirable qui se trouve sur cette éclaboussure, ou à l’intérieur ou en dessous de celle-ci. Le fait de frotter et de savonner favorise l’affaiblissement des microbes, ce qui permet de les éliminer plus facilement.

Les germes sont partout et nos mains agissent comme un moyen pratique leur permettant de voyager dans notre corps, à la salle de bains, sur une rampe d’escalier, sur votre téléphone cellulaire, etc. Quelle conclusion en tirons-nous? Le lavage des mains fait de manière appropriée et fréquente constitue la meilleure façon de prévenir la maladie. Bien qu’elle ne soit pas aussi efficace, la désinfection des mains (pendant au moins 20 secondes) constitue tout de même une bonne option si vous n’avez pas accès immédiatement à de l’eau propre. Maintenant que vous savez tout sur ce sujet... allez vous laver les mains!

Par Michelle Campbell Mekarski

Des bols de haricots variés secs, de grains entiers et de noix, des coupes de poulet, de bœuf et de poisson sur une planche à découper en bois, un petit pichet de lait, deux œufs et une pointe de fromage sont disposés de manière artistique sur un comptoir de granite foncé.

La consommation d’une variété d’aliments riches en protéines et composés de protéines complètes permettra à votre corps d’obtenir les divers acides aminés dont il a besoin pour fonctionner.

La nutrition en vedette : l’importance de la protéine

Mars est le Mois national de la nutrition! Cette année, la campagne annuelle menée par Les diététistes du Canada porte sur le thème « Au-delà des aliments ». Puisqu’il est question d’habitudes alimentaires saines ce mois-ci, l’occasion est idéale pour examiner la science d’un nutriment au goût du jour : la toute puissante protéine!

Nos cheveux, notre peau, nos ongles, nos os, nos tissus, notre sang et nos muscles... nous sommes essentiellement composés de protéines. Sans compter que le fonctionnement complet de notre corps dépend d’elles. Qu’il s’agisse de trouver et de détruire les virus et les bactéries, de produire, de transporter et d’emmagasiner d’autres molécules importantes ou de faciliter les communications dans l’ensemble de notre corps, la protéine joue un rôle essentiel.

Tout comme les glucides et les lipides, notre corps a besoin d’un approvisionnement externe de protéines. Un gramme de protéines vous apporte quatre calories, ce qui en fait aussi une source d’énergie. La protéine que nous mangeons est décomposée et tous les éléments ainsi obtenus sont réassemblés pour former une nouvelle protéine que notre corps utilise pour grandir, guérir et assurer ses fonctions vitales quotidiennes.

À une très petite échelle, les protéines sont de longues chaînes d’éléments constitutifs (acides aminés) pliés en formes 3D qui déterminent leur interaction avec les autres molécules. Il existe seulement 20 éléments constitutifs différents pour former ces chaînes et chaque organisme vivant construit sa protéine à partir de cet ensemble limité.

Nous arrivons à fabriquer nous-mêmes 11 éléments constitutifs (acides aminés), dont les divers éléments proviennent de la protéine décomposée dans notre système de recyclage des protéines cellulaires. Cependant, puisque nous avons besoin de 20 différents acides aminés au total pour former nos diverses protéines, nous devons tirer les neuf acides aminés manquants de notre alimentation. Ces derniers s’appellent des acides aminés essentiels, car ils sont indispensables.

Tous les aliments contiennent des protéines en quantités variables, certains même très peu. De plus, peu d’aliments contiennent les neuf acides aminés dont nous avons besoin. Les quelques aliments de cette catégorie sont considérés comme étant des protéines complètes : les produits laitiers, les œufs, la viande, la volaille, le poisson, les fruits de mer, la fève de soja, le sarrasin, le quinoa et même la poudre de grillons. Il y a ensuite les aliments riches en protéines qui comprennent aussi une grande quantité d’acides aminés essentiels, mais seulement certaines combinaisons de ceux-ci et en quantités variables. Les noix, les graines, les légumineuses sèches (les graines de certaines légumineuses, soit les pois chiches, les haricots, le soja, les lentilles et les pois séchés), les légumes (les haricots et les pois frais) et les grains entiers en sont des exemples.

Que recommande-t-on aux Canadiens? Le nouveau Guide alimentaire canadien considère qu’une alimentation comprenant une variété d’aliments riches en protéines, qu’il s’agisse de protéines végétales ou animales, constitue des habitudes alimentaires saines. La consommation de divers aliments riches en protéines nous fournit les acides aminés essentiels dont nous avons besoin, tout en constituant une source de vitamines, de minéraux et de fibres (dans le cas des protéines végétales).

Alors, mangez et n’oubliez pas la protéine — le quart de votre assiette devrait suffire.

Par Renée-Claude Goulet

Une photo prise d’un avion à 10 975 mètres (36 000 pieds) d’altitude montre la chaîne de montagnes Saint-Élie couverte de neige.

La chaîne Saint-Élie occupe la région où l’Alaska, le Yukon et la Colombie-Britannique se rencontrent.

Voir grand : comment l’espace nous aide-t-il à mieux comprendre la Terre?

Le fait que nous occupons un aussi grand espace géographique constitue l’une des raisons pour lesquelles le Canada est un chef de file mondial dans le domaine de l’aviation et de la technologie spatiale. Grâce à nos innovations dans le secteur aérospatial, nous avons appris à être doués pour l’aviation — l’avion était le seul moyen de cartographier notre territoire, d’assurer la liaison entre ses différents points et de survivre à notre paysage diversifié et accidenté. Au tout début de l’ère spatiale, le Canada a reconnu le potentiel de l’observation de la Terre depuis l’espace pour soutenir davantage notre vaste pays.

En 1995, le Canada a lancé RADARSAT, un programme de satellite d’observation de la Terre par télédétection. Ce programme a permis d’obtenir des données de radar et d’image appuyant certains intérêts de nature sociale, politique, scientifique et économique, tels que la gestion des catastrophes, l’agriculture, la cartographie, la foresterie, l’océanographie, l’étude des glaces et la surveillance côtière. Riches de cette réussite, nous avons lancé RADARSAT-2 en 2007.

À l’aide des données tirées de RADARSAT-2, les chercheurs Alexandra Waechter, Luke Copland et Emilie Herdes ont étudié les glaciers de la chaîne Saint-Élie, une chaîne de montagnes qui sillonne l’Alaska, la Colombie-Britannique et le Yukon. Ils cherchaient à connaître le déplacement des glaciers de ces montagnes. Grâce à l’imagerie de RADARSAT-2, ils ont pu déterminer la vitesse de déplacement des glaciers et la direction empruntée.

Les chercheurs ont découvert qu’il existe une grande différence dans les déplacements des glaciers à l’échelle de cette chaîne de montagnes; le plus grand écart noté se trouve entre le côté ouest (près de l’océan) et le côté est (arrière-pays). Les glaciers du côté ouest des montagnes se déplacent aussi rapidement que 5 km/année comparativement au côté est, où ils se déplacent à seulement 0,2 km/année environ. Ces vitesses sont attribuables au fait qu’une grande quantité de neige s’accumule du côté littoral, qui à son tour pousse le glacier. Ces chercheurs ont également appris que le glacier Kaskawulsh a ralenti depuis la fin des années 1980, ce qui est probablement dû à l’amincissement considérable de la glace dans la région.

Ce type de recherche aide les scientifiques du monde entier qui se penchent sur le climat à mieux comprendre ce qui se produit à petite échelle, ce qui les éclaire ensuite sur l’aspect plus vaste des changements climatiques.

Au début de 2019, le Canada a lancé une troisième itération de cet héritage satellitaire : la mission de la Constellation RADARSAT. Cette fois, non pas un seul satellite, mais plutôt une constellation de trois satellites a été lancée. Ces trois satellites fonctionnent ensemble et continueront l’important travail entamé par leurs deux prédécesseurs.

Par Jesse Rogerson

Auteur(s)
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Jesse Rogerson, Ph.D.

Passionné par la communication de la science, Jesse Rogerson adore promouvoir la culture scientifique auprès du public. Il représente fréquemment le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à la télévision et à la radio, ainsi que dans les réseaux sociaux et lors de congrès. Il a participé à l’élaboration d’un atelier sur la communication scientifique visant à enseigner aux professionnels de la science du Canada des méthodes plus efficaces pour communiquer leurs constats scientifiques. Astrophysicien de formation qui exerce sa profession, M. Rogerson détient un doctorat (Ph.D.) en astrophysique d’observation de l’Université York, et a récemment publié un article revu par les pairs dans The Astrophysical Journal. Il aime faire de la moto, jouer à des jeux de société et jouer au « frisbee extrême ». 

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Michelle Campbell Mekarski

En tant que conseillière scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, Michelle Campbell Mekarski vise à combler l’écart entre la communauté scientifique et le public en rendant les sciences et la technologie intéressantes, accessibles et amusantes. Détentrice d’un doctorat en biologie évolutionniste et en paléontologie, elle possède de nombreuses années d’expérience en conception et en animation d’activités de vulgarisation scientifique. Dans ses temps libres à l’extérieur du Musée, elle enseigne à l’Université d’Ottawa ou à l’Université Carleton, fouille le sol à la recherche de fossiles ou se détend au bord de l’eau.

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Renée-Claude Goulet

Renée-Claude Goulet est conseillère scientifique au Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada.