L’impact d’une influenceuse d’IMAX sur le grand écran

La société IMAX a toujours des aspirations élevées (presque spatiale) dans leurs technologies visuelles et sonores hors du commun et dans leur matériel promotionnel. Venez voir cette image dans la collection de documentation commerciale d'Ingenium.

Si vous avez déjà vu un film sur l’un des énormes écrans d’IMAX, vous savez que tout le plaisir cinématographique que cela procure. L’écran gigantesque et légèrement courbé, qui est plus haut que sept étages, propose une expérience incroyablement immersive et mémorable.

Photo de face d’une femme aux cheveux blancs qui sourit. Elle porte des lunettes, des perles et une blouse noir et blanc.

Althea Douglas, rédactrice technique à IMAX Systems Corporation, a déposé des documents d’archives à Ingenium en 2007.

Mais vous n’avez probablement jamais pris le temps de réfléchir aux exigences techniques complexes ou aux personnes qui ont conjugué leurs efforts afin de concrétiser le concept IMAX. L’une de ces personnes qui ont travaillé en coulisses s’appelle Althea Douglas. Durant mon stage au service Bibliothèque et Archives d’Ingenium, j’ai eu la chance de découvrir l’histoire de Mme Douglas.

Althea Douglas a travaillé comme rédactrice technique pour IMAX de 1984 à 1991 et elle a rédigé ou révisé plus de trente manuels qui ont été envoyés avec les systèmes de cinéma devant être installés aux quatre coins du monde. Au départ, son travail consistait à produire quatre manuels : un pour chacun des écrans IMAX et OMNIMAX, qui ne possèdent pas de système de refroidissement à l’eau ou à l’air. Mme Douglas a toutefois vite compris que sa tâche était beaucoup plus complexe que cela. En classant et en décrivant ses archives, j’ai trouvé ses aptitudes pour la résolution de problèmes aussi amusantes qu’inspirantes.

Une portée mondiale

Quand IMAX a commencé à installer ses écrans à l’échelle mondiale, Mme Douglas s’est rendu compte que les manuels ne pouvaient pas porter sur un écran en particulier : il fallait plutôt les adapter à chaque pays. Le Mexique, par exemple, avait besoin d’un manuel pour un système de 60 Hz et de 208 V, tandis que le Japon utilisait une fréquence de 50 Hz et une tension de 120 V, et l’Europe, une tension de 240 V. Les différences étaient trop nombreuses pour créer seulement quatre manuels pour le monde entier. Et si l’on ajoute à cela aussi la nécessité de noter les mesures selon le système métrique ou impérial, de rester au fait des endroits où l’on déployait de nouvelles technologies ou mettait à niveau d’anciens systèmes en y ajoutant de nouvelles pièces, une évidence s’imposait : il fallait créer un manuel pour chaque cinéma.

Une des stratégies originales de Mme Douglas pour s’acquitter de cette charge de travail a consisté à apprendre à utiliser AutoCAD. C’était ainsi beaucoup plus facile de déplacer le diagramme d’un bouton d’un document à un autre, ou à un autre endroit dans un même manuel, sans devoir le redessiner à la main au complet. Ce logiciel avait seulement été mis en marché deux ans avant qu’elle commence à travailler à IMAX, et son utilisation représentait un changement radical par rapport aux techniques traditionnelles consistant à créer les illustrations à la main. Mme Douglas a aussi avoué qu’à la base, elle détestait faire ces dessins, particulièrement si elle devait les refaire parce qu’on avait apporté une petite modification à l’original. Cet outil lui facilitait donc grandement la tâche.

Elle a aussi développé des compétences de détective pour s’assurer d’obtenir la bonne information pour ses manuels. Elle a mis la main sur les horaires des directeurs de production pour pouvoir se trouver au bon endroit au bon moment. Munie d’un magnétophone dissimulé, elle flânait régulièrement là où les « techniciens » et l’équipe du service technique travaillaient pour leur demander ce qu’ils faisaient; elle transcrivait ensuite leurs réponses, dont elle se servait plus tard pour ajouter de l’information pertinente dans ses manuels. Elle utilisait également des documents que l’entreprise produisait à des fins de planification et de présentation pour guider la préparation de manuels en vue des prochains événements d’envergure. Sa formation professionnelle comme archiviste l’a certainement amenée à penser en dehors du cadre afin de créer ces manuels.

Photo d’une page annotée au crayon, au stylo rouge et au stylo noir. Plusieurs papillons adhésifs jaunes ont été insérés dans le haut des pages du classeur.

Si la vue de notes écrites à l’encre rouge par votre réviseur vous donne des palpitations, imaginez votre réaction devant des notes écrites à l’encre noire et rouge et au crayon, et une foule de papillons adhésifs!

Au fur et à mesure de son évolution comme entreprise, IMAX a commencé à standardiser ses systèmes de cinéma. Mme Douglas s’est employée à concevoir un modèle pour faciliter la création d’un manuel sur mesure à partir d’une banque de fiches techniques existantes. Elle s’est ensuite consacrée à deux projets d’envergure. Elle a d’abord créé une « encyclopédie » technique d’IMAX « Design Facts » pour chacun des écrans IMAX et OMNIMAX afin que le service technique puisse répondre à un vaste éventail de demandes d’assistance. Par la suite, elle a créé « Design Considerations », un aperçu de la technologie IMAX et des exigences d’installation destiné aux clients souhaitant faire l’achat d’un système IMAX pour leur établissement.

Mme Douglas est la preuve que les rédacteurs techniques font beaucoup plus que noter des modifications à l’encre rouge. Ils peuvent aussi exercer une grande influence sur les processus et les innovations d’une entreprise.

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Leo Joy-Clark

Leo Joy-Clark étudie au Collège algonquin en muséologie appliquée. Il effectue un stage au service Bibliothèque et Archives d’Ingenium pour mieux comprendre comment préparer les documents historiques pour tous les chercheurs.